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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 13:14

Le Rajasthan est un collier de perles reliées par un ruban de bitume et de poussière, forcément fréquenté par bundi2d'innombrables véhicules et êtres vivants de toutes sortes, avec lesquels Vispin, notre petit chauffeur doit composer, utilisant aussi souvent son klaxon que ses freins...et nos nerfs.

Bordé de champs de moutarde jaunes, de pommes de terre parsemés de cheminées de briqueteries, le paysage est un peu monotone, mais la route toujours égayée par quelque indien arborrant un turban de couleur vive, quelque indienne vêtue d'une robe écarlate. Ou, parfois, par quelques singes assis sur un muret qui regardent passer les voitures tels de petits vieux corses alanguis sur leur banc, ou des chameaux au port autain tractant des carrioles surchargées.

fortEt chaque ville est une perle de couleur, chaque fois différente, mais toujours grouillante à l'indienne, et bâtie de forts immenses et dédalesques, de palais stéréotypes sortis des mille et une nuits.
Le kitch des temples, parés de guirlandes et de néons criards, contraste avec le chic de ces demeures luxueuses dans lesquels l'or côtoit ou compose des fresques à la beauté subjugante et des trônes de souverains semblant vivre encore dans les murs.
bundi.bmp
Le lapis lazuli, tranche avec la pureté du marbre et l'éclat du rubis et de l'émeraude. Et, forcément, avec la vie de la rue...
Mais celle-ci parait plus tranquille que dans la capitale. Sur les toits de Bundi la bleue, de Jaipur la rose, des enfants de tous âges jouent avec des cerfs-volants et égaient le ciel de nouvelles couleurs, encore.

Et que dire du Tal Mahal, sans doute le plus bel édifice jamais construit ? Le poète tajindien Rabindranath Tagore a écrit qu'il était "Une larme sur la joue de l'éternité". Je ne me permettrai ni de le contredire, ni de le paraphraser. Même s'il a été bati par amour, mais à la demande d'une princesse sur son lit de mort à son prince, il n'en demeure pas moins fabuleux 

J'ai retrouvé mes superlatifs, et voyager entre amis a une autre saveur que le périple solitaire. Merci au deux Sylvie d'avoir bravé leurs inquiétudes et leur peur de l'avion ! 
Et de m'avoir apporté quelques saucissons (même si je me demande s'ils ne sont pas un peu responsables de mon mal de ventre annuel du réveillon !), et d'avoir contribué à ce que, jour après jour, la France, et beaucoup qui sont dedans me manquent un peu plus. Heureusement, Sarko et Madame viennent me rejoindre pour la Saint Valentin..


Me voici à mille lieues de là, dans l'étrange ville de Varanasi, dont j'essaierai de vous parler un peu plus tard, si j'y arrive...

Bonne année à ceux à qui je ne l'ai pas encore souhaitée !

Par reno - Publié dans : Inde
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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /Déc /2009 14:23

Rien ne semble pouvoir arrêter le flot incessant de la Vieille Delhi. Motos, auto-rickshaws, vélo-rikshaws, louvoient, RSCN9756 2une main sur le klaxon, l'autre sur le guidon, crient pour se faire annoncer, évitent tant bien que mal la marée de piétons qui doit virvolter afin de rester dans le flot. Car avec tant de bruits, impossible de savoir d'où les sons proviennent. La nonchalence n'a pas sa place ici et la prudence est indispensable.
Le cheveu auburn est à la mode dans cette foule très masculine, se déplaçant souvent main dans la main, et n'hésitant pas à chiquer et cracher au sol un jus marron non identifié.
Les vieux bâtiments décrépis et leurs échoppes antédiluviennes paraissent ne pas avoir changé depuis des siècles. Des vaches, comme livrées à elles-mêmes, semblent perdue, errent lentement, nourries qui sait comment dans un environnement aussi peu rural.
Des chèvres au faciès épaté, plus vivaces, quémandent quelque nourriture aux multiples échoppes, qu'elles vendent des bananes ou des ampoules électriques (!).RSCN9841
Plus loin, une femme en burka, dont les yeux ont disparus derrière des grillages, fait la manche.
Seule la petite église de la Sainte Trinité, perdue au milieu de la vieille ville, offre un répis silencieux et familier. A l'intérieur, le sapin de noël semble incongru.
Des buses, des milans ou tout autre rapace non indentifié tournent au-dessus de ce capharnaüm.
Delhi sent les épices, l'urine, la vache, l'eucalyptus des bidies, le gaz d'échappement, l'encens, la pâte à pain indien.

DSCN9804
Plus tard, des centaines d'indiens chrétiens arborant un bonnet rouge à pompon blanc entonnent des chants de Noël en hindi et en anglais, accompagnés d'un piano électronique et d'une boite à rythme, et qui auraient leur place dans un palmares de années 80. Et d'autres centaines, dorment dans la rue à même le sol, sur les trottoirs, simplement couverts d'une fine couverture alors que la température est inférieure à 10 degrés. Ce ne sont pas des clochards, mais des familles entières.
Ce n'est que bien plus tard que la ville retrouve son calme et trouve une physionomie de ville fantôme, abandonnée après une guerre dévastatrice.

Old Delhi et les bazars environnants feraient passer Lima, New York et même Bangkok pour de paisibles bourgades de province. Ô comme Annecy me parait loin ! Delhi est un OVNI dans lequel un occidental se sent un extraterrestre.
On aime, ou on déteste l'Inde très rapidement, parait-il. Qu'en y posant le pied, certains désirent en repartir. La détester serait lui manquer de respect. En repartir serait fuir une réalité certes pas très belle, mais ô combien vivante et se serait une insulte.
Il est certes très facile d'aimer un lieu si truculent et si bancal lorsqu'on n'y passe que peu de temps et qu'on rejoint chaque soir le calme de son hotel. On peut facilement avoir l'air d'un voyeur qui passe et puis s'enfuit. Peut-être. Mais je me suis senti bien dans ces quartiers vieux et abimés. Tant pis.

Par reno - Publié dans : Inde
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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 06:34

DSCN9655Les temples d'Asie du Sud-Est sont des lieux de vie, comme de flânerie et de recueillement. Villages dans les villes, pas une rue n'en est dépourvue, au Laos comme en Thailande. On y prie, on y chante, mais on y mange, on y parle, et on y rit aussi. On peut même y fumer des clopes avec des moines laotiens désireux d'apprendre l'anglais...avec un français ! L'énergie et l'animation de ces lieux côtoient naturellement la sérénité et le calme.


De quoi parlent les moines, que répondent les fidèles ? Ces derniers parlent-ils de Bouddha, ou de la prestation de leur équipe de foot aux Jeux d'Asie du Sud-est contre le Vietnam ? Je me suis souvent fait la réflexion qu'entendre parler dans une langue que l'on ne comprend pas rend les propos de son auteur nécessairement subtils et intelligents. Certainement parce que l'esprit associe incompréhension et complexité. Tout est harmonie et complexité dans ces lieux.


Mais atteindre cette harmonie, et sortir de la beaut
é des temples pour enfin y rentrer, se mérite, et rien au monde n'est aussi difficile que ce moyen pour y parvenir, la méditation. Ecouter, observer ce qui se déroule à l'intérieur de son propre corps, pourtant si proche, en faisant DSCN9654abstraction de tout élément, de toute interférence extérieure n'est pas chose aisée et je me demande encore, pour avoir longuement essayé au calme d'un temple Thailandais comment c'est possible. Les heureux qui y parviennent semblent sereins et paraissent un peu plus fort. Méditer est un moyen pour répondre à des questions qui bloquent, et aussi je crois d'apprendre à dominer ses peurs. Sans doute est-ce la même chose.

RSCN9674Or, si l'acte se transforme en défit, celui d'y arriver, la demarche n'est plus sincère. J'ai cru à tort que la méditation allait entrer en moi comme une potion magique irriguerait un corps et un esprit. C'est tout le contraire, c'est beaucoup plus complexe, et il est difficile de savoir quand le but est atteind. Il faut aller chercher, ne pas attendre, lutter. L'on retrouve une nouvelle fois l'ambivalence de l'Asie, parsemée de bien-être d'accès si ardu.


Si je suis passé un peu à côté de la méditation, j'y reviendrai, car j'en entrevois les bienfaits sur bien des personnes. Je n'ai pas de quête à ce niveau ; je n'ai de quête que culinaire ! Mais l'envie de controler ses pensées, en tout cas les appréhender autrement est si attirante.
Finalement, s'arrêter un moment, avec patience et lenteur conduit à se poser des questions, à bien réfléchir. L'échec n'est pas total. Je me suis rendu compte que j'étais auparavent calme par défaut, faute d'être expansif. Je le suis maintenant par goût comme par nature.

RSCN9619L'Asie est riche d'enseignement, riche de cette si grande spiritualité qu'on lui connait. C'est peut-être pour cela que, même dans des conditions de vie parfois rudes, les asiatiques semblent si placides. Ou est-ce l'inverse ? Peut-être n'ont ils pas le choix ?
La recherche du bien-être, du mieux-être intérieur semble une priorité, à mille lieux de notre société occidentale, celle de l'extérieur. La Thailande, même si elle est pervertie par les méfaits de la drogue, du sexe facile, du tourisme à outrance, et le Laos, encore relativement épargné, sont animés de spiritualité et de la douleur qui y mène. L'Asie se mérite si l'on désire la connaitre et la comprendre un peu.

 

Je retourne donc à mes crayons, qui aujourd'hui me paraissent bien plus abordables en comparaison. Une forme de méditation, plus éphémere sans doute.

Et je pense retrouver cette spiritualité dans le pays qui en est l'une des origines, l'Inde.

J'irai passer Noel à Delhi. "Noèladéli" parce que ça sonne bien, comme un mantra, ou comme le nom d'une terre inconnue à découvrir.
Puis le Nouvel An à Agra, avec Sylvie et Sylvie qui viennent me rejoindre pour deux semaines....de tourime effréné au Rajasthan...Et meeeeerde  !

Merci d'avoir écouté ce monologue égocentrique. Vous pouvez envoyer votre facture au 22, avenue d'Aléry  à  Annecy, je n'y habite plus depuis déjà  une bien courte année !

Joyeux Noel.

Renaud

A droite...le Laos

Par reno - Publié dans : Thailande
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 17:29

Sur les bords du Mekong, des enfants jouent, sautent, pêchent. Les bateaux de bois jaunes, verts ou bleus semblent amarrés pour une éternité. Moyen de transport de substitution car le bus de 9 heures n'existait pas ce jour-là, le bateau qui relie la frontiere Thai à Luang Prabang, boat-people à touriste, ne part que lorsqu'il est aux 6/4 plein et ralie sa destination en deux jours.
Buckley, Archive, Nico et quelques autres dans les oreilles, les yeux rivés sur les berges, il n'est finalement pas si difficile de faire abstraction de mes congéneres assoiffés et braillards, et de laisser la magie de ce fleuve m'imprégner , pour me laisser dans un état de contemplation mélancolique finalement bien agréable. Car ce  paysage est hors norme. Les maisons perchées sur les collines au milieu d'une végétation luxuriante, les buffles qui paissent dans les prés, lui donnent un air paisible et ancestral, les rochers et les plages au milieu desquels le bateau louvoie, un air marin.

Plus au sud, la Nam Song, sa petite soeur, serpente au milieu d'un paysage majestueux parsemé de pitons rocheux recouverts d'une végétation ici aussi exubérante.
Mais sur cette rivière tranquille, déambulent, assis sur des chambres à air de camion, vêtus d'un simple maillot de bain et d'un T-shirt humide, une horde de touristes abiérés. Ils passeront plus de temps dans les bars qui jalonnent leur trajet que sur l'eau, à boire et danser au son d'une musique dont le niveau sonore, inversement proportionnel à leur quotient intellectuel, n'a rien à envier à celui d'un aéroport international.
Tout en prétendant développer le pays puisqu'ils font profiter de leur argent les quelques laotiens qui ont créé les bars. Comment peut-on être aussi aveugle et égoiste ? Comment ne s'aperçoivent-ils pas qu'ils transforment le pays en ce qu'il y a de pire dans le tourisme, à l'image de ce qu'il c'est produit en Thailande ?
Comment est-il possible qu'aucun d'entre-eux ne ce soit demandé ce que pouvaient bien en penser les centaines de Laotiens obligés de subir leurs loisirs tapageurs ? Car la plupart ne profitent que de leur musique, du milieu de la journée au coucher du soleil, et rejettent avec force l'idée et le tumulte de cette activité qui encombre leur village.

A quelques mètres du premier bar à cons, la Mulberry Organic Farm prospère, r
éussissant à préserver son activité à défaut de sa tranquillité. Elle aussi a été créée par un laotien. Mais, elle, profite aux locaux qui y travaillent, qui de ramasser les mures ou leurs feuilles, qui de les transformer en confiture, thé, vin, voire en milkshake, qui de fabriquer quelques fromages de chèvre. Les revenus permettent de financer des projets qui visent à aider les villageois.
Et au sein de cette ferme gravitent d'autres touristes, aidant pour quelques temps cette entreprise, à mille lieues de ces abrutis en caleçon. Nombre de routards de mon espèce s'arrètent ici afin d'aider, par exemple, à la construction d'une maison, en boue, et écolo, cela va sans dire.
J'étais venu ici pour ne pas retrouver ma lassitude de touriste solitaire au long cours, travailler aux champs et plus près de la population. Si ce n'est pas ce que j'y ai fait, si mes acolytes (Sarah, Nico, Peter, Kahlyn, et d'autres), ne sont pas laotiens, qu'importe. L'expérience en valait la peine.  J'y ai appris à monter un mur en brique de boue, à le peindre à la main avec
cette même  matière, à fabriquer une mosaïque au sol, en forme de feuille de murier, évidemment, et même à traire une chèvre - à mon âge, il était grand temps !
Et quoi de mieux finalement, qu'un petit tour en cuisine pour mélanger un tant soit peu les cultures laotiennes et françaises ? J'ai donc le plaisir de vous annoncer la naissance du clafoutis à la mulberry laotienne, fruit d'une expérience culinaire (réussie vraisemblablement) menée par Nicolas et moi-meme. Voir l'oeil intrigué et quelque peu apeuré des jeunes cuisinières laotiennes devant la manière de cuisiner "à la française" est déjà un régal en soit !

M'arrêter quelques jours dans un tel un endroit est une première approche d'un voyage plus actif et enrichissant. Alors, je n'ai pas la prétention de valoir mieux que les crétins sus-cités (quoi que) ; chacun est libre d'utiliser son temps à sa guise. Ma préoccupation premiere était finalement bien égoiste, mais le résultat certainement plus utile que si j'avais descendu cette riviere ivre-mort. 

Pourtant, le paradoxe du voyageur me poursuit encore et je ne suis resté qu'une semaine dans la ferme (et raté Santa Claus !). Me voilà à Vientiane, tranquille capitale du pays, et je regrette un peu de n'être pas resté un peu plus longtemps. Je n'ai pas vraiment envie de la visiter. Alors, petit cours de cuisine, forcément, avant de la quitter, sauna et massage..Et tout va mieux !


A bientot !

Par reno - Publié dans : Laos
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 12:21

Le Mekong et le Laos se rapprochent, le paysage défile à toute allure. Sin, novice en toge orange consulte son portable, puis s’endort à mes côtés ; et je ne sais toujours pas vraiment comment parler de la Thailande.

 

Car visiter un pays si ambivalent, au moment où l’on prend conscience qu’il faut changer sa manière de voyager, qui plus est lorsque ce périple ne se fait pas seul pour une fois, tend à perturber sa perception de l’instant vécu, et s’avère difficile à retranscrir  .

 

Celia fut mon cobaye durant les cours de massage (et moi le sien), mon répulsif anti-moustique sur l’ile de Kho Chang, mon alter-ego sur les marchés et dans les restaurants, comme deux jumeaux à la recherche de nouveaux goûts ; l’une avec son énergique besoin d'apaisement, l'autre avec sa lenteur en quête de piment.

 

Le charme de la Thailande est indissociable de cette rencontre, de l'ambivalence du pays et de la douleur, quoique relative, qu’elle engendre.

Jusque dans ses villes, et Bangkok en particulier. Etouffantes elles font partie de ces villes dans lequelles il faut fermer la porte car il fait froid dedans, é
viter les voitures et tuk-tuk qui roulent à
toute allure, esquiver les chiens galeux qui pullulent sur les bords de route. Tour a tour très riches ou très pauvres, chaque parcelle de terrain, au bord de la riviere, sous chaque pont, dans chaque rue, est colonisée, parfois par quatre morceaux de bois et un toit en taule ondulée, parfois par des immeubles ou centres commerciaux des plus modernes, parfois par un des innombrables et splendides temples bouddhistes. Tout se côtoit dans un désordre effréné.
 

Jusque dans sa cuisine. Si la nourriture thai est l’une des meilleures qu’il m’aie été donné de goûter , elle est aussi l’une des plus difficiles à apprécier, tant elle est pimentée. Les aliments sont frappés, hachés, broyés, les couteaux et les pilons martèlent et tronçonnent à tout va pour aboutir au final à un goût unique. Les saveurs explosent, quelque peu adoucies par la coriandre, la menthe, le riz (et la bière aussi, d’accord). Parfois difficile à supporter, elles laissent place à une douce sensation de richesse sur le palais.

 

Jusque dans ses massages, tant l’engagement est physique, pour le massé comme pour le masseur. Un corps à corps ponctué de pressions, de torsions parfois difficiles à supporter, mais qui au final laisse chacun détendu et peut-être une sensation de puissance nouvelle pour l’un, un apprentissage de la lenteur et de la maitrise de sa force pour l’autre.

 

Jusque dans ma propre façon d’appréhender ce voyage. Car je suis aujourd’hui confronté à une étape importante de mon voyage, passer de touriste arrivé à saturation, à autre chose, que je ne saurais d’ailleurs nommer. Acteur peut-être.

Prendre des cours de cuisine, de massage, experiences aussi enrichissantes soient-elles, n’est finalement pas créer, mais simplement ingérer.  

Parfois, alors qu’il nous a été donné l’occasion de cuisiner avec une famille thai dans la montagne qui surplombe Chang Mai, lorsqu’un enfant me donne des brins de paille à brûler avec lui sur une lampe incandescente, même au milieu d’un périple authentiquement touristique, l’envie de continuer ainsi, au jour le jour, me semble justifié et suffisant, en tout cas plus facile. Mais bien vite, je me demande si voir, car il s’agit finalement plus d’être spectateur que de vivre réellement, vaut vraiment la peine.

Tel est le dilemme du voyageur. Apercevoir ce qu’il y a de plus beau ou n’en vivre réellement qu’une infime, qu'une intime partie.


Ce dilemme peut paraitre simple à
résoudre, mais il n‘en est rien pour moi, par peur de me tromper peut-être, par désir de ne rien rater certainement, en tout cas à cause de ces fameuses et absurdes barrières mentales.


Et j’ai du mal
à savoir comment modifier ma manière de voyager. S’il est hors de question de rentrer, je ne supporte plus le tourisme, surtout maintenant que je suis de nouveau seul.


J’ai profondément aimé ce pays. Il a été celui dans lequel j’ai été confronté à la plus grande palette de sentiments, parfois contradictoires, depuis mon depart. Et c’est finalement ce que je recherche...

 

De l'autre côté du Mekong, Sin grelotte dans sa toge orange bien légère pour ce jour de fraicheur bien étonnante pour le Laos. “ You can do if you want “ me dit-il du haut de la sagesse de ses vingt ans…

 


Me voici donc arriv
é au Laos, mon crayon de bois dans une main, car j’ai retrouvé son pouvoir apaisant et le plaisir de dessiner avec celui-ci, qui était resté bien tranquille au fond de mon sac,  et cette envie de changer d’optique dans l’autre...

A suivre...   Renaud
 (les photos sont à droite comme d'habitude)

Par reno - Publié dans : Thailande
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