Partager l'article ! Le bruit et l'odeur: Au jeu des comparaisons, il est aussi aisé de confronter le Pérou et l’Inde du Nord que cette dernière et celle du ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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Au jeu des comparaisons, il est aussi aisé de confronter le Pérou et l’Inde du Nord que
cette dernière et celle du sud. Car ce Sud ressemble, à bien des égards, à un autre pays.
Si l’Inde du Nord est un tapage de klaxons, le Sud est une aubade, et même si elle reste indienne, donc bruyante, on y entend parfois le chant des oiseaux ! Plus paisible, elle est aussi plus chaude en cette pé.riode hivernale (!), et plus accueillante, donc.
Elle résonne au son des violons tenus à l’indienne, des cithares et tablas de Cochin, des langues indiennes partout différentes : tamoul en Tamil Nadu, Malayalam au Kerala, Kannada au Karnataka. L’Inde du Sud est une douce musique linguistique, agrémentée des dodelinements de tête de ses habitants nonchalants, qui semblent indiquer parfois un « oui », un « peut-être », « je ne sais pas », « bonjour » ou « au revoir » ! Incertitude du sens, à l’instar de celui de Sarkozy, le même, tout aussi difficilement identifiable...
Sur les rives de Cochin, les poissons sautent directement des filets de pêche chinois aux étales qui jalonnent le port et de celles-ci à l’assiette du glouton.
Et dans la cuisine de Maria, crépitent les graines d’épices. Inlassablement, elle énumère les ingrédients nécessaires à l’élaboration des curries, sambar, byriani, chutneys, chapati ou autre vindaloo kéralais.
Toute recette débute immanquablement par le grésillement des graines de moutarde, bien vite suivi par celui des graines de cumin, de cardamone ou de coriandre, de poivre noir, de fenugrec ou de fenouil, des batons de cannelle. Puis les oignons rouges, le gingembre, l’ail et les piments frais ou secs sont saisis à leur tour, plus tard relevés par les poudres, masala, curcuma et piment en tête, pour composer une cuisine aux saveurs complexes et relevées, finalement à peine adoucies par les feuilles de coriandre fraiches.
Un peu plus haut, à Ooty les femmes s’intrègrent dans le magnifique et silencieux paysage des montagnes vertes
du Tamil Naddu et ramassent le thé, un panier au dos et le sourire aux lèvres, sans prendre garde aux éléphants qui parfois rôdent
alentour.
Plus au nord, dans la campagne du Karnataka, Appu Krishnamurthy et son accent improbable, dans sa ferme naturelle de Nelahala, fabrique, tranquillement, chaque jour, étranger au terme vacances, son huile de coco miracle, ses okras, bananes et mangues séchées délicieuses, ses poudres à masque facial miracles, proférant à qui veut l’entendre que l’agriculture naturelle et l’alimention indienne sont les meilleures au monde...
L’Inde du Sud est une panoplie de saveurs, d’odeurs et de couleurs diverses qui résument ce pays énergique. Elle reste l’Inde avec ses travers inhérents à son développement rapide, la pollution, les inégalités, le tumulte ; mais tout est moins flagrant qu’au Nord.
Partout l’Inde tonitrue (oui, elle tonitrue !), un peu trop parfois pour moi. Et Sarko arrive.... Je lui cède donc la place, car l’idée d’armorcer mon lent retour vers la France dès aujourd’hui me séduit et m’incite à bouger . Retour
qui passera demain par Louxor, puis par le Proche-Orient. Petit à petit, le décalage horaire décroit...
Salut !
Des photos à droite